IL Y A 60 ANS LE 30 MAI 1965 : LA BOMBE ATOMIQUE FRANÇAISE « JADE » D’UNE PUISSANCE DE 5 KILOTONNE EXPLOSAIT À IN ECKER (SAHARA ALGÉRIEN)
Hommage aux Oubliés de l’Histoire Atomique
Il y a 60 ans, le dimanche 30 mai 1965, au cœur aride et silencieux du Sahara algérien, la France poursuivait sa conquête de la technologie nucléaire en procédant à l’essai souterrain « JADE », une explosion atomique de 5 kilotonnes réalisée dans le massif du Tan Afella, à In Ecker, à quelque 150 kilomètres de Tamanrasset. Ce tir fut le 14e essai nucléaire français, et le 10e réalisé en galerie, dans ce que l’on appelait alors le Centre d’Expérimentations Militaires des Oasis (CEMO).
Derrière ce nom apparemment poétique, JADE, se cache une réalité rude, marquée par le courage, la discrétion et parfois l’oubli de ceux qui y participèrent.
Le symbole d’un nom, le poids d’une mission
Le nom de code « JADE », choisi comme pour adoucir la brutalité de l’événement, renvoie à une pierre précieuse réputée dans de nombreuses civilisations pour représenter l’honnêteté, la justice, et la pureté. Mais pour les hommes qui œuvrèrent ce jour-là dans les profondeurs du désert, ce jade fut surtout un poids atomique, une mission périlleuse, et une exposition durable aux risques d’un domaine encore jeune et peu maîtrisé.
Militaires du génie, spécialistes en armement, ingénieurs du Commissariat à l’Énergie Atomique, personnels civils, techniciens de terrain, tous ont contribué, souvent dans l’ombre, à cette entreprise technologique nationale. Ils étaient pionniers d’un temps où le nucléaire symbolisait la puissance, mais où la précaution n’en était encore qu’à ses balbutiements.
Une mémoire à raviver
Aujourd’hui, plus de six décennies plus tard, nombreux sont ceux dont le nom n’a pas traversé les rapports officiels, et dont l’histoire n’a pas été contée dans les livres scolaires. Pourtant, leur dévouement, leur présence et leur action ont été décisifs dans le développement stratégique de la France.
Ce reportage réaliser par le Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires se veut un hommage solennel à ces oubliés, à ces bâtisseurs de l’ombre, à ces veilleurs du désert. Il rappelle que derrière chaque essai nucléaire se trouvent des hommes, des visages, des familles, et le patriotisme chevillé au corps.
Reconnaissance et transmission
Alors que la France poursuit aujourd’hui ses efforts de mémoire autour des essais nucléaires menés en Algérie et en Polynésie, il est fondamental de nommer, de rappeler, de documenter, et de rendre visible ces épisodes souvent tus. C’est une dette morale envers les survivants, leurs proches et les générations futures.
À ceux qui ont vu leur vie côtoyer l’inimaginable dans les tunnels d’In Ecker, qui ont affronté la chaleur, le silence radio, les poussières invisibles et les secousses souterraines :
Ils méritent respect et la reconnaissance de la Nation.
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