PAGE D’HISTOIRE ET DEVOIR DE MÉMOIRE : Il y a 55 ans, RHÉA explosait à Mururoa le 14 août 1971 à 10 h 00
Il y a 55 ans, dans le ciel de Mururoa, retentissait une détonation qui allait s’inscrire dans nucléaire française.
Ce samedi 14 août 1971, la France procédait à son 44ᵉ essai nucléaire sous ballon, baptisé « RHÉA ». Le dispositif, placé à environ 480 mètres d’altitude au-dessus du secteur Dindon de Mururoa, libérait une énergie considérable, estimée à 995 kilotonnes.
Près de mille kilotonnes…
Pour mesurer ce chiffre, rappelons qu’une kilotonne correspond à l’énergie dégagée par l’explosion de 1 000 tonnes de TNT. À titre de comparaison historique, la puissance de la bombe d’Hiroshima est généralement estimée à environ 15 kilotonnes.
RHÉA représentait donc une puissance d'une tout autre dimension.
RHÉA, un nom venu de la mythologie grecque
Le choix du nom RHÉA n'était pas anodin. Dans la mythologie grecque, Rhéa est une Titanide, fille d’Ouranos et de Gaïa, et mère notamment de Zeus.
Derrière ce nom mythologique se trouvait pourtant une réalité bien concrète : celle d'une opération scientifique, technique, militaire et logistique d'une exceptionnelle complexité, conduite dans l'environnement particulièrement exigeant du Pacifique.
Des femmes et des hommes au service d'une mission nationale
Aujourd'hui, 55 ans plus tard, le Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires souhaite avant tout rappeler les femmes et les hommes qui furent les acteurs de cette période de l'histoire de France.
Ils étaient militaires ou civils.
Ils étaient ingénieurs, scientifiques, techniciens, personnels des armées, marins, aviateurs, spécialistes de la mesure et de l'instrumentation, personnels de soutien, agents administratifs, ouvriers et nombreux autres professionnels indispensables au fonctionnement des sites d'expérimentation.
Chacun, à son niveau, apportait ses compétences à une mission dont les enjeux dépassaient largement sa seule fonction.
Ils avaient reçu une mission.
Ils ont répondu aux ordres de la Nation.
Dans le contexte de la France de cette époque, placé sous l'autorité du Président de la République et Chef des Armées Georges Pompidou, ils participèrent à la mise en œuvre de la politique française de défense et de dissuasion nucléaire.
Il est important, aujourd'hui, de replacer leur engagement dans son contexte historique.
Car derrière les chiffres, les noms de code, les tableaux d'essais et les données scientifiques, il y avait avant tout des êtres humains.
Des hommes et des femmes qui ont vécu loin de leurs familles, parfois dans des conditions difficiles, et dont le travail exigeait rigueur, discipline, compétence et disponibilité.
Un devoir de mémoire
Le temps passe.
Les générations se succèdent.
Et pourtant, la mémoire demeure.
Le 14 août 1971 ne doit pas être uniquement retenu comme la date d'un essai nucléaire et d'une puissance de 995 kt.
Il doit également être l'occasion de se souvenir de celles et ceux qui ont contribué, directement ou indirectement, à cette page de l'histoire scientifique, militaire et technologique de notre pays.
RHÉA est un nom dans les archives.
RHÉA est une date dans l'histoire des essais nucléaires.
Mais derrière RHÉA, il y avait des femmes et des hommes.
C'est précisément pour eux que le devoir de mémoire prend tout son sens.
Honorer sans oublier
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