PAGE D’HISTOIRE ET DEVOIR DE MÉMOIRE : « Anniversaire » : Il y a 52 ans, le jeudi 15 août 1974, Scorpion explosait à Mururoa
Nom de code était « Scorpion ». Pour l’histoire, il demeure le symbole d’une époque où la puissance nucléaire s’expérimentait dans le ciel de la Polynésie.
Le 15 août 1974 à 15 h 30, l’atoll de Mururoa était le théâtre du 61e essai nucléaire français, baptisé « Scorpion ». Tiré depuis un ballon placé à 312 mètres d’altitude, cet essai développait une puissance estimée à 96 kilotonnes.
Cinquante-deux ans plus tard, cet anniversaire constitue une nouvelle occasion, pour le Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires (M.N.V.E.N.), de rappeler une page majeure de notre histoire contemporaine et de rendre hommage à celles et ceux qui, civils comme militaires, ont participé à l’aventure française de la dissuasion nucléaire.
Mururoa, au cœur de l’aventure nucléaire française
Dans le Pacifique, l’atoll de Mururoa devient l’un des principaux sites de l’expérimentation nucléaire française. C’est dans cet environnement particulièrement exigeant que des générations de personnels civils et militaires vont œuvrer à la réalisation des campagnes d’essais.
Ainsi, « Scorpion » vient ainsi s’inscrire dans cette histoire.
Derrière quelques chiffres (61e essai, 96 kilotonnes, 312 mètres d’altitude) se trouvent surtout des femmes et des hommes : militaires de toutes armes, personnels scientifiques, ingénieurs, techniciens, personnels de santé, agents administratifs, ouvriers, spécialistes de la sécurité et de la logistique.
Tous ont contribué, chacun à leur niveau et dans leur domaine de compétence, à une entreprise nationale qui mobilisait des savoir-faire considérables et une organisation humaine et technique exceptionnelle.
Des hommes et des femmes au service de la France
Le devoir de mémoire ne saurait se limiter à rappeler la date et les caractéristiques d'une explosion nucléaire.
Il doit avant tout redonner un visage à celles et ceux qui ont participé à cette histoire.
Ces personnels ont servi dans des conditions parfois difficiles, loin de la métropole et de leurs familles. Ils ont accompli leur mission avec le sens du devoir et avec la conviction de contribuer à un objectif qui dépassait leur engagement individuel : permettre à la France de disposer d’une capacité de dissuasion crédible et indépendante.
Le M.N.V.E.N. a précisément pour vocation de préserver cette mémoire.
À travers les témoignages, les archives, les cérémonies et les actions de transmission, le Mémorial rappelle que derrière l’histoire de la dissuasion française se trouve aussi une histoire humaine, faite de missions, de responsabilités, de sacrifices, de camaraderie et de fidélité à la Nation.
Le patriotisme, une mémoire qui se transmet
Pour le M.N.V.E.N., honorer les vétérans des essais nucléaires
C’est, au contraire, assumer l’Histoire dans toute sa complexité, sans effacer les faits ni les femmes et les hommes qui l’ont vécue.
Le patriotisme qui anime le Mémorial est un patriotisme de mémoire : celui qui consiste à reconnaître le travail accompli par des générations de Français au service des intérêts supérieurs de leur pays, à transmettre leur histoire aux jeunes générations et à faire vivre le souvenir de ceux qui ont servi.
« Scorpion », symbole d’une France qui voulait décider de son destin
Ce 15 août 1974, « Scorpion » n’est pas seulement le nom d’un essai inscrit dans une chronologie.
Il appartient à une période où la France cherchait à affirmer son indépendance stratégique et sa capacité à ne pas dépendre entièrement d’une puissance étrangère pour assurer sa sécurité.
La dissuasion nucléaire est devenue depuis l’un des piliers de la défense française. Elle demeure l’expression d’une volonté politique : préserver la liberté d’appréciation, l’indépendance et la souveraineté de la Nation.
À ce titre, l’anniversaire du 61e essai nous invite à regarder vers le passé avec lucidité, mais également à mesurer le chemin parcouru par notre pays dans les domaines scientifique, technologique, industriel et militaire.
52 ans après, se souvenir pour comprendre
52 ans après, le jeudi 15 août 1974 demeure une date de mémoire.
Mémoire de Mururoa.
Mémoire des essais nucléaires français.
Mémoire des personnels civils et militaires.
Mémoire d’une génération qui a contribué à bâtir la capacité de dissuasion de notre pays.
En ce jour anniversaire, le Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires rend hommage à toutes celles et tous ceux qui ont participé à cette histoire.
À travers eux, c’est une certaine idée du service de la France que nous honorons : servir, transmettre et se souvenir.
Car connaître cette histoire, c’est comprendre une partie de la France contemporaine.
La transmettre, c’est respecter ceux qui l’ont écrite.
Et se souvenir, c’est faire vivre le devoir de mémoire.
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