PAGE D’HISTOIRE ET DEVOIR DE MÉMOIRE : POLLUX 29ÈME EXPÉRIMENTATION NUCLÉAIRE FRANÇAISE
Il y a 58 ans, le 3 août 1968 à 11 heures : POLLUX explosait à Mururoa
Quand la France écrivait son histoire nucléaire au cœur du Pacifique, des militaires et des civils étaient à pied d’œuvre
Le 3 août 1968 à 11 heures, dans le silence du ciel de Mururoa, la France procédait à un nouvel essai de son programme nucléaire.
Ce jour-là, la bombe atomique française « POLLUX » explosait au-dessus de l’atoll de Mururoa.
Un nom emprunté à la constellation des Gémeaux, pour une arme qui allait inscrire une nouvelle page dans l’histoire de la dissuasion nucléaire française.
POLLUX était le 29ᵉ essai nucléaire français sous ballon. L’engin, placé à environ 490 mètres d’altitude, explosait dans le secteur « Denise » de Mururoa, libérant une énergie annoncée de 150 kilotonnes.
Derrière ces chiffres, derrière cette puissance et derrière la froideur apparente d'un compte rendu technique, il y avait pourtant des femmes et des hommes.
Des femmes et des hommes qui étaient là.
Des militaires, bien sûr.
Mais aussi des civils, souvent oubliés dans les récits historiques, qui ont participé, directement ou indirectement, à cette formidable aventure scientifique, industrielle, logistique et technologique que représentait alors le programme nucléaire français.
DES HOMMES ET DES FEMMES DANS L’OMBRE DE L’HISTOIRE
Un essai nucléaire ne se résumait jamais à l’instant de l’explosion.
Avant les quelques secondes qui bouleversaient le ciel de Mururoa, il fallait des mois de préparation, des moyens considérables, une organisation d’une extrême complexité et l’engagement de milliers de personnels.
Scientifiques, ingénieurs, techniciens, ouvriers, personnels administratifs, marins, aviateurs, militaires des différentes armes, personnels de santé, logisticiens, mécaniciens, spécialistes des transmissions, météorologues, plongeurs, personnels des infrastructures et de la sécurité...
Tous concouraient, chacun à leur niveau, à la réussite des expérimentations.
Ils étaient les acteurs silencieux d'une page majeure de l'histoire contemporaine de la France.
Et parmi eux, les personnels civils méritent aujourd'hui une reconnaissance particulière.
Car la mémoire nationale ne doit pas seulement retenir la détonation.
Elle doit aussi retenir ceux qui ont préparé, construit, transporté, surveillé, mesuré, analysé et accompagné ces expérimentations.
Ils furent indispensables.
Ils furent nombreux.
Et leurs histoires personnelles constituent une part essentielle de notre devoir de mémoire.
LA MARINE NATIONALE : LA « ROYALE » AU SERVICE DE LA FRANCE DANS LE PACIFIQUE
À l’occasion des 400 ans de la Marine, le Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires, labellisé dans le cadre de cette commémoration, souhaite également rendre un hommage appuyé à l’ensemble des marins engagés dans le Pacifique.
Car derrière les noms des essais, derrière les dates et les chiffres, il y avait aussi la Marine nationale.
Des bâtiments, des équipages et des personnels qui ont assuré des missions essentielles dans un environnement particulièrement exigeant.
Sur mer comme à terre, dans les airs comme dans les infrastructures du Centre d’expérimentations du Pacifique, la Marine était engagée.
Transporter.
Protéger.
Surveiller.
Ravitailler.
Acheminer les hommes
Participer aux dispositifs de sécurité et de mesure.
Assurer les communications.
Maintenir les bâtiments et les installations.
Être présente, tout simplement, là où la France avait besoin d’elle.
À tous ces marins, connus ou anonymes, le M.N.V.E.N. adresse aujourd’hui sa reconnaissance.
La Nation leur doit considération.
POLLUX : UN NOM, UNE DATE, UNE MÉMOIRE
Le 3 août 1968, à 11 heures, l'explosion de POLLUX ne fut qu'un instant.
Mais ses préparatifs, ses conséquences humaines et l’engagement de tous ceux qui y participèrent s'inscrivent dans une histoire beaucoup plus longue.
Une histoire que nous avons le devoir de transmettre.
Car le devoir de mémoire n’est pas une célébration de la puissance destructrice de l’arme nucléaire.
Il est avant tout la reconnaissance des femmes et des hommes qui furent les acteurs, les témoins et parfois les victimes de cette période de notre histoire nationale.
Militaires et civils.
Scientifiques et techniciens.
Marins, aviateurs, terriens.
Personnels de santé.
Ouvriers et ingénieurs.
Familles restées en métropole ou ayant accompagné les personnels dans le Pacifique.
À chacune et chacun d’entre eux, nous devons une place dans notre mémoire collective.
NE PAS OUBLIER
Cinquante-huit ans après POLLUX, le temps a passé.
Les générations se sont succédé.
Mais la mémoire demeure.
Au Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires, nous sommes convaincus qu'une Nation qui respecte son histoire doit savoir regarder toutes ses pages, les plus glorieuses comme les plus difficiles.
Nous voulons donc rendre hommage à tous les acteurs des expérimentations nucléaires françaises, sans distinction.
À ceux qui étaient sous l’uniforme.
À ceux qui ne le portaient pas.
À ceux dont les noms sont connus.
À ceux qui sont restés dans l’anonymat.
À ceux qui sont revenus.
Et à ceux dont la vie a été profondément marquée par leur engagement dans le Pacifique.
Leur histoire est notre histoire.
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