REVUE DE PRESSE : JOURNAL OUEST France PARU LE JEUDI 13 OCTOBRE
La dissuasion nucléaire française doit être opérationnelle en permanence. U ou deux sous-marin nucléaires lanceur d’engins (SNLE) sont donc toujours en patrouille pouvant lancer à tout moment une frappe nucléaire. Ici le (SNLE) « Le TERRIBLE » en 2017. Photo d’Illustration Fred TANNEAU/AFP
Guerre en Ukraine : comment fonctionne la doctrine de dissuasion nucléaire française
Le Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires présente cet article de presse fort intéressant du Journal Ouest-France, car si la France dispose d’une Force de Dissuasion c’est bien grâce à l’ensemble des Vétérans des Essais Nucléaires (Civils et Militaires) qui ont participé aux 210 Expérimentations qui se sont déroulées sur 36 années au Sahara Algérien puis en Polynésie.
Ces Vétérans méritent la reconnaissance de la Nation
La doctrine de dissuasion nucléaire française, dont Emmanuel Macron a rappelé les contours mercredi 12 octobre, a pour mission de protéger « les intérêts vitaux de la France ». Ces derniers ont évolué depuis la création de la dissuasion nucléaire française, pour avoir désormais « une dimension européenne ». Explications.
Lors de son intervention dans l’émission L’Évènement, sur France 2 , mercredi 12 octobre 2022, Emmanuel Macron a évoqué la doctrine de dissuasion nucléaire française, expliquant que la France n’en userait pas en cas de frappes nucléaires balistiques russes en Ukraine, ou dans la région. Le président français a également enjoint Vladimir Poutine à la responsabilité, alors que son homologue russe agite depuis plusieurs semaines la menace du nucléaire face aux Européens. La France « a une doctrine. Elle est claire », a rappelé le chef de l’État, parlant du concept fondé par le général de Gaulle, étayé ensuite par les présidences successives, et défini autour de plusieurs principes fondamentaux, rappelés dans le Livre Blanc de la Défense de 2013.
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Protéger les « intérêts vitaux de la Nation »
Le concept de dissuasion nucléaire y est présenté comme ayant « pour objet de protéger [la France] contre toute agression d’origine étatique contre nos intérêts vitaux, d’où qu’elle vienne et quelle qu’en soit la forme ». Cette arme est « au cœur de notre appareil de défense, précise la coordinatrice du programme de recherche « Dissuasion et prolifération » de l’Institut français des relations internationales (Ifri), Héloïse Fayet. Elle doit servir à défendre les intérêts vitaux, mais elle est employée à titre strictement défensif et dissuasif. »
Cette dissuasion « ne protège que les intérêts vitaux du pays », explique le Livre Blanc de la Défense. « Ces derniers ne sont pas listés », clarifie Benjamin Hautecouverture, maître de recherches au sein de la Fondation pour la recherche stratégique et auteur de Dissuasion nucléaire et stabilité stratégique en Europe : Positions et perceptions françaises, publié en août 2022.
Entretenir un « flou stratégique »
« Le flou est entretenu de manière stratégique, afin de ne pas fournir un “effet de seuil” à un adversaire », ajoute le chercheur. En d’autres termes, si les intérêts étaient inscrits, ledit adversaire saurait donc quelles cibles il pourrait frapper sans que cela relève de la dissuasion nucléaire.
« Grâce à ce flou créé autour de l’intérêt vital, on entretient l’adversaire dans une ambiguïté qui est censée le dissuader d’attenter à tel ou tel intérêt, et l’amener à se demander lui-même si ça relève des intérêts vitaux de la France. C’est l’un des paris de la dissuasion », précise le maître de recherches.
Des intérêts vitaux « à dimension européenne »
Pourtant, les « intérêts vitaux du pays » ont évolué au cours du temps. En février 2020, lors de son discours sur la stratégie de défense et de dissuasion, Emmanuel Macron expliquait que les forces nucléaires françaises jouaient « un rôle dissuasif propre, notamment en Europe », avant d’estimer que « les intérêts vitaux de la France ont désormais une dimension européenne ».
Pour Benjamin Hautecouverture, cet élargissement des intérêts nationaux s’explique par les intérêts de plus en plus liés des partenaires européens. « Si on estime que nos intérêts sont mêlés, on peut dire que la dissuasion nucléaire française a une part européenne. Mais qu’est-ce que cela veut vraiment dire ? Que si Tallinn est attaqué par les Russes, cela relève de la dissuasion nucléaire française ? La réponse est nécessairement à apprécier au cas par cas », estime le chercheur.
Une décision « centrale et souveraine »
Ce sujet est délicat, selon Benjamin Hautecouverture qui rappelle que la dissuasion française ne se partage pas : « C’est la raison pour laquelle nous ne faisons pas partie du groupe des plans nucléaires de l’Otan. ». Lorsqu’Emmanuel Macron assure sur France 2 que la dissuasion nucléaire française ne serait pas en cause s’il y avait une attaque balistique nucléaire en Ukraine ou dans la région, le chef de l’État français redit que cette force est « centrale, souveraine, nationale ».
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Cette position divergerait donc de la doctrine de « dissuasion élargie » américaine, « qui prévoit une riposte nucléaire en cas d’attaque des États-Unis ou de ses alliés, sans cette idée d’atteinte aux intérêts vitaux, rappelle Héloïse Fayet. Même s’il n’y a pas d’implication pour leur propre sécurité, une attaque sur un pays allié engagerait la force de dissuasion nucléair
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