PAGE D’HISTOIRE ET DEVOIR DE MÉMOIRE : 1ER VOLET / UN TÉLÉOBJECTIF LIÉ AUX ESSAIS NUCLÉAIRES AU SAHARA ALGÉRIEN DE 1960 À 1966
Parler et écrire des reportages sur les essais nucléaires, avec l’appui de clichés photographiques dont un grand nombre sont impressionnants au niveau de la formation des champignons atomiques s’élevant dans l’atmosphère et ce jusqu’à la stratosphère, laisse une question en suspens ! Quel matériel a été utilisé pour une telle performance.
C’est avec un grand plaisir que le Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires présente un reportage sur un matériel photographique et cinématographique a servi à immortaliser ces essais qui sont rentrés dans la genèse de l’arme nucléaire.
Il est donc présenté aux visiteurs du Blog du Mémorial et de la Page Facebook un imposant téléobjectif F=2013 mm 1/11 dont la Focale mesure 2027 mm exposé au musée de la photographie situé dans la ville de Saint-Bonnet de Mure avec l’exposition.
Un téléobjectif que le musée de la photographie expose et qui va être complété par d’autres.
C’est grâce à ce téléobjectif de la hauteur d’un homme, dont le bénévole du musée François DENISSIEUX a posé pour donner une échelle de grandeur.
Un téléobjectif, qui a servi dans la région de REGGANE alors Département Français du Sahara durant la guerre d’Algérie, au lieu-dit Hammoudia il y a 62 ans avec la première Bombe Atomique Française « GERBOISE BLEUE », le 13 février 1960 qui explosa à 07 h 4 (heure locale) suivit des autres « Gerboises ».
Les Vétérans civils et militaires qui ont œuvré sur les différents sites d’expérimentations de 1960 à 1966 et de 1966 à 1996 n’effectuaient pas ces missions pour le plaisir de faire exploser les Bombes Atomiques mais de mettre au point la Force de Frappe.
RAPPEL DES ESSAIS NUCLÉAIRES QUI ONT SERVI POUR LA CRÉATION DU PLATEAU D’ALBION ET ÉQUIPEMENT DU 1ER SOUS-MARIN NUCLÉAIRES LANCEUR D’ENGINS « LE REDOUTABLE »
Il est à rappeler que l’évolution des armements nucléaires français rendait indispensable une politique des essais continue à mesure que l’on passait successivement des armes à fission aux armes à fission exaltée, puis aux armes thermonucléaires.
Une répartition des tâches entre le CEA/DAM et les Armées a été élaborée dès le milieu des années 1950, conduisant à la création, en 1964, de la Direction des Centres d’Expérimentations Nucléaires (DIRCEN), organisme interarmées dont le commandement est assuré par un officier général, assisté du directeur des essais de la DAM. Aux Armées, il revient d’assurer le soutien logistique des opérations, à la DAM de préparer l’expérience de physique menée sur l’engin, d’effectuer les mesures pendant l’essai et d’en exploiter les données en perspective de la mise au point des charges nucléaires.
Pour militariser les armes, il faut les expérimenter, notamment tester leur capacité face aux défenses antimissiles adverses, mais aussi les miniaturiser en perspective du déploiement des têtes multiples sur missile M 4. C’est en effet en avril 1974 qu’a été prise la décision de fabriquer le missile M 4 mirvé, disposant de plusieurs têtes à trajectoires indépendantes les unes des autres.
C’est à cette occasion que la responsabilité sur le corps de rentrée a été confiée au CEA/DAM. Une dizaine d’années plus tard, les progrès se porteront sur la discrétion radar des têtes. Pour prendre un exemple de ce qui vient d’être dit, la campagne d’essais nucléaire de 1973 permet de valider une nouvelle filière d’amorce, permettant ainsi d’alléger ultérieurement la charge mégatonnique et de préparer la mise en service du missile M 4 une dizaine d’années plus tard.
Parallèlement, les Forces Nucléaires Stratégiques (FNS) françaises sont modernisées de manière significative, avec le passage aux têtes multiples pour les missiles embarqués sur SNLE et avec des progrès importants en matière de discrétion radar et de durcissement des têtes. Ces progrès sont également favorisés par des gains importants réalisés sur la masse et le volume des têtes, permettant en retour d’accroître la portée des armes.
LES DÉCISIONS DE L’ÉTAT ET LA PARTICIPATION DES VÉTÉRANS AUX 210 EXPÉRIMENTATIONS NUCLÉAIRES N’ÉTAIENT POUR LE PLAISIR DE FAIRE EXPLOSER DES BOMBES ATOMIQUES MAIS BIEN DE METTRE AU POINT LES MISSILES NUCLÉAIRES POUR LA PROTECTION DE LA France ET LA RIPOSTE EN CAS D’ATTAQUE.
Les expérimentations ont eu pour mission de mettre en place les sites nucléaires militaires tel que le Plateau d’Albion (Vaucluse) aujourd’hui démantelé qui accueillait 18 zones de lancement de missiles nucléaires.
C'est à partir de 1963 que le Gouvernement pris la décision de construire des systèmes d’armes stratégiques à base de missiles balistiques : le SSBS (sol-sol balistique stratégique) et le MSBS (mer-sol balistique stratégique) mis en œuvre à partir des sous-marin nucléaires lanceurs d’engins.
C’est ainsi qu’à partir du mois d’octobre 1970, les installations de montage à l’île Longue et de contrôle à bord du REDOUTABLE furent qualifiées sous le contrôle des commissions de sureté.
L’ARMEMENT DU REDOUTABLE
Le premier lot de 16 charges associées aux missiles M1 embarqua sur le REDOUTABLE en janvier 1972…..
Il est également à rappeler que le TERRIBLE recevait le 2ème lot de charges.
Tout ceci grâce à la participation des Vétérans des Essais Nucléaires lors des campagnes d’expérimentations nucléaires, qui de ce fait font partie de la chaine de la dissuasion nucléaire.
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