5ÈME ET DERNIER VOLET /SAINT-BONNET DE MURE (69) MARDI 05 JUILLET 2022 : DEVOIR DE MÉMOIRE AVEC UN DÉPÔT DE GERBE EN HOMMAGE AUX VICTIMES DE L’ACCIDENT MEKNÈS DU 5 JUILLET 1979 EFFECTUÉ AVEC LE REPRÉSENTANT DE L’ÉTAT, MONSIEUR BENOÎT ROCHAS SOUS-PRÉFET EN CHARGE DU RHÔNE-SUD.
Photo Claude LANGAIN: Dépôt de gerbe effectué par le représentant de l'État, Monsieur Benoît ROCHAS Sous-Préfet en charge du Rhône-Sud
On peut aisément déclarer que c’est une première qui s’est produite lors de la réunion du Conseil d’Administration du Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires avec en clôture un dépôt de gerbe au pied du Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires en hommage aux victimes de l’accident MEKNÈS à Mururoa le 5 juillet 2022.
En effet, afin que la mémoire des victimes ne soient pas oubliées le Mémorial National a décidé en ce 43ème « anniversaire » de rendre l’hommage à ces hommes qui ont été touchés dans la chère jusqu’à perdre la vie.
Avant de présenter la cérémonie :
LES FAITS
Meknès et les tirs froids
Le CENTRE D’EXPÉRIMENTATION DU PACIFIQUE avait fait construire l’installation Meknès destinée à des expériences dites « tirs froids » ou « tirs sous-critiques ». Situé sur la zone nord de Moruroa, près de Denise, Meknès est un véritable blockhaus tant ses parois sont épaisses.
En fait, il s’agissait de tester les réactions des explosifs chimiques sur une partie d’un modèle de bombe contenant de petites quantités de plutonium. Normalement, au cours de cette expérience « explosive », la réaction en chaîne nucléaire ne doit pas s’enclencher pas, mais elle pulvérise le plutonium sur les parois intérieures de l’installation. Le tout est filmé avec des caméras ultrarapides à rayons X.
Pour réaliser l’expérience suivante, des services spécialisés – habituellement des sous-traitants du COMMISSARIAT À L’ÉNERGIE ATOMIQUE – éliminent toutes les particules radioactives projetées sur les parois de l’installation.
Le 7 décembre 1978, une expérience désignée sous le nom de code « Dolon » a lieu dans l’installation Meknès. On ignore si d’autres expériences ont eu lieu après cette date. Tout ce que l’on sait, c’est que des opérations d’assainissement radioactif du caisson intérieur ont été programmées six mois plus tard, probablement en vue d’y réaliser une nouvelle expérience.
Procédures de décontamination de Meknès
Le 4 juillet 1979, cinq personnes sont dans le caisson Meknès pour procéder à la décontamination. Trois d’entre eux sont des « missionnaires » détachés des centres CEA de Montlhéry, de Bruyères-le-Châtel et de Saclay en métropole tandis que les deux autres sont des personnels sous-traitant du COMMISSARIAT À L’ÉNERGIE ATOMIQUE, de la STMI (Société de travaux en milieu ionisant).
Les opérations d’assainissement se font en tenue spéciale avec masque et combinaison en vinyl. Pour détacher le plutonium des parois du caisson, on projette d’abord un produit – le cocoon – qui adhère aux parois et fixe les particules de plutonium. On utilise aussi un solvant (acétone) qui est un produit extrêmement volatile et inflammable. Chacun des employés a une tâche bien spécifiée et ils sont répartis dans des locaux séparés de l’installation Meknès.
Deux sont chargés de l’intervention de décontamination, et les trois autres sont chargés respectivement du matériel, de l’habillage et de la surveillance. Un sixième employé a la charge du Poste de contrôle radiologique qui se trouve à l’extérieur du blockhaus. Selon les rapports, toutes les précautions d’usage – ventilation du local, mesure du taux d’acétone dans l’atmosphère du caisson, enregistrement filmé des opérations – sont prises.
L’accident Meknès du 5 juillet 1979
Le 5 juillet, les opérations se sont poursuivies dans la matinée quand l’accident se produisit à 14 heures. Les bandes magnétiques de l’enregistrement ont montré que l’atmosphère chargée de vapeurs inflammables s’est embrasée lors de la mise en route d’une perceuse par M. Villette, l’un des deux opérateurs. L’explosion qui suivit provoqua la mort sur le coup de ce dernier tandis que trois autres employés furent grièvement blessés. Seul l’habilleur, éjecté par le souffle de l’explosion, a pu sortir sans trop de mal de cet accident. Un blessé décéda quelques jours plus tard en métropole de la suite de ses blessures.
Les pompiers arrivèrent difficilement à maîtriser l’incendie et de nombreux témoins affirment avoir vu d’épaisses fumées sortir de Meknès pendant plusieurs heures. Les eaux qui ressortirent de l’installation se répandirent sur le sol alentours, provoquant la contamination des sols. De plus, l’explosion projeta des débris de matériaux divers qui, eux aussi, contaminèrent les alentours du blockhaus Meknès.
Bien que l’installation et les expériences soient sous la responsabilité du CEA, la rédaction des rapports sur l’accident fut « expurgée » de précisions au nom du secret défense et ceux-ci restèrent longtemps couverts par ce même secret. Retrouvés par hasard dans des archives syndicales, en 1993, les rapports de l’accident Meknès permirent de reconstituer le déroulement de l’événement. Cependant, il fallut attendre d’autres publications pour que les nombreux témoignages sur les conséquences de l’accident Meknès soient confirmés.
Source : Assemblée de la Polynésie Française
Assemblée de la Polynésie français
Mission des Victimes
Pour procéder à la décontamination de la cuve et notamment pour lessiver le plutonium sur les murs, il fallait, être revêtu de combinaison vinyle et de masque, (schadock) utiliser des solvants extrêmement inflammables. C’est dans ces conditions qu’un violent incident s’est déclaré suivi d’une explosion
Monsieur René V (CEA) qui n’a pu s’extraire immédiatement de la cuve a été tué
Monsieur Gérard F (STMI) a été gravement blessé et il est décédé quelques jours plus tard après son transfert en Métropole.
Deux autres Opérateurs ont été gravement blessés : Monsieur Jean-Luc L (STMI et….. (CEA).
Des victimes provenant de divers centres du Commissariat à l’Énergie Atomique et de STMI.
RECUEILLEMENT
C’est donc une cérémonie intimiste qui s’est déroulée au pied du Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires afin d’honorer la Mémoire de ces hommes.
Aussi, si celle-ci était intimiste il n’en demeure pas moins qu’elle a revêtu un caractère tout particulier du fait que ce Devoir de Mémoire a été rehaussé avec la présence du représentant de l’État en la personne de Monsieur Benoît ROCHAS Sous-Préfet en charge du Rhône-Sud.
UNE PREMIÈRE
Après avoir pris tous les renseignements sur le Mémorial National afin de ne pas être impliqué dans un mouvement de dénonciation, le Sous-Préfet Benoît ROCHAS a procédé au dépôt de gerbe aux côtés du Maire de la Ville, Jean-Pierre JOURDAIN, du Président National Roland PICAUD et de Madame Roseline GILETTO Présidente Départementale de la Marcophilie Navale représentant le Vice-Amiral Claude ARATA.
Une certaine émotion était omniprésente pour ce Devoir de Mémoire qui a permis 43 ans après l’accident de rappeler que des hommes qui n’ont seulement travaillaient pour le Commissariat à l’Énergie Atomique et la Société de travaux en milieu ionisant accomplissait leur devoir pour la France afin qu’elle se dote de sa Force de Dissuasion.
ARRÊT SUR IMAGE SUR LA CÉRÉMONIE MÉMORIELLE
RESPECT
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