PAGE D’HISTOIRE ET DEVOIR DE MÉMOIRE : OPÉRATION « NAUTILE 95.2 » : UNE MISSION SENSIBLE AU CŒUR DES TENSIONS DU PACIFIQUE
/https%3A%2F%2Fimagesdefense.gouv.fr%2Fmedia%2Fcatalog%2Fproduct%2Fcache%2F1e8f6d3dd53900164b16c8dab19a28de%2F6%2F2%2F6255043_7_1.jpg)
Point-presse et interview du vice-amiral Philippe Euverte, commandant supérieur des forces armées de la Polynésie française.
https://imagesdefense.gouv.fr/fr/point-presse-et-interview-de-l-amiral-euverte.html
Dans le cadre du devoir de mémoire porté par le Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires, il est essentiel de revenir sur certaines opérations méconnues qui ont marqué l’histoire des forces armées françaises en Polynésie. Parmi elles, l’opération « Nautile 95.2 », conduite en 1995, illustre à la fois la complexité des missions militaires et le contexte international particulièrement tendu autour de la reprise des essais nucléaires français dans le Pacifique.
Un contexte de forte tension internationale
En 1995, la décision de la France de reprendre une série d’essais nucléaires en Polynésie française suscite une vive opposition internationale. Des organisations non gouvernementales, parmi lesquelles Greenpeace, intensifient leurs actions de protestation, notamment en mer, à proximité des zones d’essais.
Ces actions visent à perturber les opérations militaires et à attirer l’attention médiatique mondiale. Les bâtiments de Greenpeace deviennent alors des acteurs directs de cette contestation en s’approchant volontairement des zones interdites.
Crédit Photo ECPA-D: Vue aérienne depuis un hélicoptère du navire Rainbow Warrior II de Greenpeace au large de Moruroa.
Une mission sous haute responsabilité
Face à cette situation, les autorités françaises mettent en place des dispositifs stricts pour garantir la sécurité des sites et des personnels. C’est dans ce cadre qu’intervient l’opération « Nautile 95.2 », menée sous l’autorité du Vice-Amiral Philippe EUVERTE, alors Commandant supérieur des forces armées en Polynésie française et Commandant de la zone maritime du Pacifique.
L’objectif est clair : assurer le respect des zones d’exclusion maritime tout en évitant toute escalade. Une mission délicate, tant sur le plan opérationnel que diplomatique.
Crédit-Photo ECPA-D: Le 9 juillet au matin, le navire Rainbow Warrior II de l'association Greenpeace, en vue de la passe de Moruroa dans les eaux territoriales française Vue aérienne depuis un hélicoptère du navire Rainbow Warrior II de Greenpeace au large de Moruroa.
La prise de contrôle des bâtiments de Greenpeace
L’un des épisodes marquants de cette opération concerne la prise de contrôle de navires appartenant à Greenpeace. Ces interventions, menées par des unités spécialisées de la Marine nationale, nécessitent une préparation rigoureuse et une exécution maîtrisée.
Les équipes d’intervention doivent conjuguer :
- professionnalisme militaire
- sang-froid
- respect strict du droit maritime international
L’enjeu est double : faire cesser les intrusions dans les zones interdites tout en évitant tout incident susceptible d’avoir des répercussions politiques ou médiatiques majeures.
Crédit Photo ECPA-D: Un second-maître du commando marine Hubert pilote un zodiac et patrouille à côté du navire Rainbow Warrior II de Greenpeace après son arraisonnement. Dessin de dauphin sur l'étrave du navire.
Une opération à forte portée symbolique
Au-delà de son aspect technique, l’opération « Nautile 95.2 » témoigne de la difficulté pour les forces armées d’opérer dans un environnement où se mêlent enjeux stratégiques, pression médiatique et activisme international.
Elle met également en lumière le rôle des militaires engagés dans ces missions : garantir la souveraineté et la sécurité nationale dans des conditions souvent complexes et exposées.
Crédit photo ECPA-D: Un premier-maître vérifie le câble qui relie le navire Rainbow Warrior II de Greenpeace arraisonné au remorqueur-ravitailleur Revi (A635) lors du remorquage vers Moruroa.
Mémoire et reconnaissance
Aujourd’hui, ces événements font partie intégrante de l’histoire des essais nucléaires français et des missions conduites en Polynésie. Les hommes et les femmes qui ont participé à ces opérations ont agi dans un contexte exigeant, nécessitant discipline, maîtrise et sens du devoir.
Le Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires s’attache à préserver cette mémoire, afin que ces engagements, parfois méconnus du grand public, ne soient pas oubliés.
Crédit Photo ECPA-D: Le 9 juillet 1995 au matin, le navire Rainbow Warrior II est arraisonné par les militaires du commando de marine Hubert et par un remorqueur-ravitailleur de la Marine nationale non loin de la passe de l'atoll de Morurua. Les passagers militants écologistes (l'évêque Jacques Gaillot) et indépendantistes (dont le chef de parti Oscar Temaru) et l'équipage du voilier de Greenpeace sont transbordés sur le remorqueur-ravitailleur Revi (A635) pour y être interrogés par des officiers de police judiciaire (OPJ) de la gendarmerie, puis à nouveau sur le patrouilleur La Railleuse (P689) qui les amènera à Moruroa. Le reportage montre également toute la phase préparatoire de l'opération, et témoigne de la recherche par des légionnaires du 5e régiment étranger (5e RE) sur l'atoll de
/image%2F0348822%2F20260505%2Fob_7ba9dc_raimbo-a-mururoa-avant-arraisonnement.jpg)
/image%2F0348822%2F20260505%2Fob_287803_7238648-1-1.jpg)
/image%2F0348822%2F20260505%2Fob_094e0f_7238129-1-1.jpg)
/image%2F0348822%2F20260505%2Fob_28044e_7238036-1-1.jpg)
/image%2F0348822%2F20260505%2Fob_856d66_arrisonne-greepeace.jpg)
/image%2F0348822%2F20260505%2Fob_80d31f_400.jpg)