PAGE D’HISTOIRE ET DE DEVOIR DE MÉMOIRE : MURUROA 22 MAI 1970 LA BOMBE H « CASSIOPÉE » UNE PUISSANCE DE FEU.
Il y a cinquante-cinq ans, le 22 mai 1970 à 10 h 30, la France procédait à l’essai nucléaire dénommé « CASSIOPÉE ».
Ce tir eut lieu sur le secteur Dindon, sur l’atoll de Mururoa, au cœur de l’immensité du Pacifique.
L’essai « CASSIOPÉE », d’une puissance de 224 kilotonnes, était un tir de bombe thermonucléaire (bombe H), réalisé à environ 500 mètres au-dessus de la mer. Il s’inscrivait dans le programme de mise au point de la tête nucléaire TN 60, destinée à l’armement stratégique français.
La Base Aérienne 185 : un maillon stratégique essentiel
À 919 kilomètres à l’est de Tahiti, l’atoll de Hao occupait une place centrale, longtemps méconnue, dans l’organisation des essais nucléaires français. Cette terre isolée de l’archipel des Tuamotu, battue par les vents et ceinturée par le lagon, abritait la Base Aérienne 185, véritable pilier du Centre d’Expérimentation du Pacifique (C.E.P.).
Créée le 1er juillet 1963, la Base Aérienne 185 fut successivement utilisée par l’Armée de l’Air et l’Aviation Navale. Elle devint rapidement la base arrière logistique des essais menés sur les atolls de Mururoa et de Fangataufa, situés à environ 400 kilomètres.
Son importance stratégique était capitale. Sa piste d’atterrissage, spécialement conçue pour accueillir les plus gros porteurs, notamment des Boeing, permettait un trafic aérien constant et indispensable au bon déroulement des opérations.
Les bombes nucléaires étaient entreposées dans les hangars de la base, également connue sous le nom de GAN-Hao.
Hao, cœur logistique et scientifique du C.E.P.
La Base Aérienne 185 ne se limitait pas à un simple rôle de transit. Elle constituait un véritable centre névralgique, accueillant notamment :
- les équipes de Surveillance Militaire de la Santé Radiologique (S.M.S.R.),
- les unités de Surveillance Médico-Chimique et Biologique (S.M.C.B.),
- les personnels chargés du suivi radiologique des essais.
Les avions de chasse, ayant participé aux missions liées aux tirs et traversé les nuages radioactifs, étaient également basés à Hao. Après chaque mission, les appareils revenaient lourdement contaminés, exposant pilotes, mécaniciens et personnels au sol à des risques radiologiques majeurs.
Les “Vautours” dans le nuage atomique
Parmi les épisodes les plus marquants figure celui des avions Vautour, engagés dans des missions de reconnaissance directement à l’intérieur du nuage de la bombe H.
Une heure après l’explosion du tir « CASSIOPÉE », deux avions Vautour sont envoyés en mission dans ce que l’on appelait alors une « pénétration pilotée » du nuage radioactif.
Au total, sept pénétrations seront effectuées.
Équipés de réceptacles destinés à prélever des échantillons de gaz et de poussières, les appareils ressortent entièrement contaminés. À leur retour sur la piste de Hao, les pilotes sont soumis à des mesures de radioactivité, révélant des niveaux préoccupants et témoignant de l’exposition extrême subie par ces hommes.
Une mémoire à préserver
À l’occasion de ce reportage, le Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires (M.N.V.E.N.) a le plaisir de présenter des photographie prise en 1970.
Au-delà de la puissance de feu et des avancées technologiques, ce sont avant tout des hommes qui ont servi la Nation.
Aujourd’hui, le devoir de mémoire impose de rendre hommage à leur engagement, de transmettre leur histoire et de rappeler le dévouement et le patriotisme.
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