MISSILE S2 : PREMIER MISSILE BALISTIQUE FRANÇAIS
CITATION DU GÉNÉRAL DE GAULLE
« Il faut que la défense de la France soit française
Un pays comme la France, s’il lui arrive de faire la guerre, il faut que ce soit sa guerre. Il faut que son effort soit son effort.
S’il en était autrement, notre pays serait en contradiction avec tout ce qu’il est depuis ses origines, avec son rôle, avec l’estime qu’il a de lui-même, avec son âme.
Naturellement, la défense française serait, le cas échéant, conjuguée avec celle d’autres pays. Cela est dans la nature des choses.
Mais il est indispensable qu’elle nous soit propre, que la France se défende par elle-même, pour elle-même et à sa façon
La conséquence, c’est qu’il faut, évidemment, que nous sachions nous pourvoir, au cours des prochaines années, d’une force capable d’agir pour notre compte, de ce qu’on est convenu d’appeler “une force de frappe” susceptible de se déployer à tout moment et n’importe où. Il va de soi qu’à la base de cette force sera un armement atomique (...) ».
LES VÉTÉRANS DES ESSAIS NUCLÉAIRES (CIVILS ET MILITAIRES) ONT ÉTÉ ENGAGÉS DANS L’ÉPOPÉE DU DÉVELOPPEMENT DE L’ARME NUCLÉAIRE.
AVANT PROPOS
Si la France fait dorénavant parti des 5 grandes nations détentrices de la Bombe Atomique s’est suite à la volonté du Général DE GAULLE visionnaire en matière de protection de la Nation.
En effet, en lançant le programme nucléaire le Général DE GAULLE a permis de développer une véritable pensée stratégique dans ce domaine et poursuivie par ses successeurs.
ARME NUCLÉAIRE, ENJEU DE LA GUERRE FROIDE
Le lancement du programme des Essais Nucléaires au Sahara Algérien poursuivis en Polynésie Française aura fait de telle sorte que la France a préservé sa sécurité lors de la guerre froide qui ressurgit.
RÔLE MAJEUR DES VÉTÉRANS
Il est un constat indéniable et méconnu tout ceci est dû à la participation des Officiers, sous-Officiers, officiers Mariniers et Appelés du Contingent issus des Régiments de la Marine Nationale, Légion Étrangère, Armée de l’Air, Génie, Armée de Terre, Transmissions, État- Major, Gendarmerie Nationale, Infanterie, Artillerie, Service Mixte de Contrôle Biologique, Service Santé, etc... Sans oublier le personnel civil du Commissariat à l’Énergie Atomique, d’entreprises sous-traitantes et des populations locales tant du Sahara que de Polynésie Française,
Avec les 210 Expérimentations Nucléaires qui portaient toutes des noms de code allant de Aldébaran à Taureau en passant par Bételgeuse ; Rigel ; Sirius ; Antarès ; Pollux ; Castor ; Cassiopée ; Toucan ; Rhéa ; Taureau et tant d’autres noms les Vétérans qui ont participé à quelque chose hors du commun et inimaginable pour le citoyen Lambda méritent le RESPECT et la RECONNAISSANCE.
Des femmes et des hommes de l’ombre qui au travers des expérimentations nucléaires qui se sont déroulées su 36 années font parti dorénavant du maillon de la chaine dans la mise en place de la Force Océanique Stratégique et de la Force Aérienne Stratégique.
GRÂCE AUX ESSAIS NUCLÉAIRES LA FRANCE A DÉVELOPPÉ LES MISSILES
Ainsi, le Mémorial Nationale des Vétérans des Essais Nucléaires présente ce reportage consacré au Missile S2 et dont sa conception trouve sa source avec les expérimentations effectuées au Sahara Algérien dans le cadre des « Études Balistiques de Base »
Voir Source WIKIPÉDIA
LE PROGRAMME DES PIERRES PRÉCIEUSES (1961-1965)
Pour permettre la mise au point d'un missile à charge nucléaire et du lanceur Diamant, la SEREB, lance en 1961 le programme des « Études balistiques de base » (EBB), dits des « Pierres précieuses ». Le missile balistique sol-sol S2 doit pouvoir emmener une tête dotée d'une charge nucléaire d'une puissance de 1,5 mégatonne à 3 500 km2. Le développement industriel est confié principalement aux sociétés Nord-Aviation et Sud-Aviation.
Entre 1961 et 1965, toutes les connaissances nécessaires pour la réalisation d'un missile à longue portée ainsi que d'un lanceur de satellite sont méthodiquement acquises. Plusieurs fusées sont conçues chacune étant chargée de mettre au point séparément un ou plusieurs équipements 3. :
- Les fusées Aigle et Agate (8 tirs tous réussis) permettent de mettre au point les systèmes de télémesure et les installations au sol (1961 à 1963).
- Les fusées Topaze (14 tirs dont 1 échec) qualifient le deuxième étage, les systèmes de guidage et de pilotage ainsi que le profil de la tête de rentrée du missile (1962 à 1965).
- Les fusées Émeraude (5 tirs dont 3 échecs) valident le fonctionnement du 1er étage en particulier la tuyère orientable et des dispositifs de guidage (1964 à 1965).
- Les fusées Saphir (3 tirs dont 1/2 échec + 6 tirs dédiés au missile) permettent de tester l'intégration 1er et 2e étage, et le guidage du missile pour les premiers étages (1965 à 1967).
- Les fusées Rubis (6 tirs de qualification dont 2 échecs) qualifient le 3e étage de la fusée Diamant, la séparation de la coiffe et du 3e étage ainsi que le système de stabilisation et les procédures de suivi de satellisation (1964 à 1967).
MISSILES D’ESSAIS
Les essais de qualification en vol sont progressifs: tirs en surface puis en silos, mono-étages simplement pilotés, puis bi-étages, essais de la version S112 avec un étage de 10 tonnes (4 tirs en 1966-67 dont le premier lancé qui le 15 février 1966, est un échec, la tuyère est perdue en vol. ), S01 équipé de deux étages de 10 tonnes (8 tirs en 1967-68) et S02, le prototype du S2 (7 tirs en 1968-71), qualification en vol du vecteur, puis des équipements de la charge (hors matériaux nucléaires). Le taux d’échec en vol est élevé à cause de la propulsion principalement. Sur un total de 27 tirs de développement dont 8 du S2, il y a 14 succès et 13 échecs4.
Dans le cadre des programmes Diamant et S2, les principaux acteurs industriels français de l'aéronautique acquièrent la connaissance qui leur permettra de faire jeu égal avec les Américains dans le domaine des missiles stratégiques et des lanceurs classiques dans le cadre du programme Ariane : les établissements de la future Aérospatiale pour le corps des fusées, Snecma pour la propulsion, Matra pour la case à équipements, SFENA et SAGEM pour la centrale à inertie. Des organismes de recherche comme l'ONERA (aérodynamique, propulsion), le CNET et le CNRS participent en amont aux études de conception des lanceurs et des satellites.
LES ARMES NUCLÉAIRES
L'arme utilisé pour le missile S2 est un engin à fission au plutonium d’une puissance de 130 kt, le MR 315. Le premier essai a lieu sous ballon au-dessus de l’atoll de Moruroa, le 11 septembre 1966. Dix-huit charges sont fabriquées pour un nombre identique de missiles.
DÉPLOIEMENT
La première unité opérationnelle avec neuf missiles S2 fut mise en service dans le 1er Groupement de missiles stratégiques, installé sur la base aérienne 200 du plateau d'Albion, le 2 août 1971, la seconde le 23 avril 1972. Il y eut sept tirs d'évaluation opérationnelle de ce missile entre décembre 1971 et mars 1977 depuis le centre d'essais des Landes6 dont deux furent des échecs.
Le système de guidage inertiel des missiles S2 ne pouvait pas être aligné au-delà de +/- 60° de la cible première. En d’autres termes, seuls le Bloc de l'Est et l’Union soviétique pouvaient être la cible7.
RETRAIT DU SERVICE
Ces engins seront remplacés par les missiles S3 au début des années 1980. La première unité opérationnelle SSBS-S3 a été mise en service le 1er juin 1980, la seconde le 31 décembre 1982.
PLATEAU D'ALBION
MISSILE S2
Le S2 est le premier missile balistique français à être développé avec un premier vol d'essai le 21 décembre 19681.
Il s'agit d'un missile balistique à portée intermédiaire (en anglais IRBM : Intermediate Range Ballistic Missile, en français SSBS : Sol-Sol Balistique Stratégique) basé à terre et il est doté d'une seule tête nucléaire.
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