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LYON (RHÔNE) : HÔTEL DE VILLE (SALON D’HONNEUR) VENDREDI 15 FÉVRIER 2019, LE PRÉSIDENT NATIONAL DE L’A.M.N.D.V.D.E.N INVITÉ PAR LE MAIRE GERARD COLLOMB.

19 Février 2019 , Rédigé par amndvden

LYON (RHÔNE) : HÔTEL DE VILLE (SALON D’HONNEUR) VENDREDI 15 FÉVRIER 2019,  LE PRÉSIDENT NATIONAL DE L’A.M.N.D.V.D.E.N INVITÉ PAR LE MAIRE GERARD COLLOMB.

Dans le cadre du déjeuner offert aux porte-drapeaux et des Présidents d’Associations d’Anciens Combattants, Résistants, Déportés et Victimes de Guerre, qui s'est déroulé dans le salon d'honneur de la ville de Lyon, Roland PICAUD Président National de l’Association du Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires a été invité par le Maire de la ville de Lyon, Gérard COLLOMB et son Adjoint, Jean-Dominique DURAND, Délégué au Patrimoine, à la Mémoire, aux Anciens Combattants et aux cultes.

 

 

LYON (RHÔNE) : HÔTEL DE VILLE (SALON D’HONNEUR) VENDREDI 15 FÉVRIER 2019,  LE PRÉSIDENT NATIONAL DE L’A.M.N.D.V.D.E.N INVITÉ PAR LE MAIRE GERARD COLLOMB.

 

DISCOURS DE L'ADJOINT AU MAIRE JEAN-DOMINIQUE DURAND

Lors de son discours l’Adjoint au Maire a tenu à rappeler que la ville de Lyon tenait à remercier l’engagement de tous les Présidents d’Associations patriotiques ainsi que celui de la présence à chaque cérémonie des porte-drapeaux et ce par tous les temps. Et que ceux-ci méritaient le respect et la gratitude de la ville de Lyon.

 

Monsieur le Président de l’Association des Porte-Drapeaux du Lyonnais, Monsieur Raymond Blachère,

Madame la Directrice de l’ONACVG, Madame Magali Molina,

Mesdames et Messieurs les élus, chers collègues adjoints chargés de la Mémoire et

 des Anciens combattants dans les arrondissements de Lyon,

Monsieur le Président du Comité de Liaison, Monsieur Jean Ricci,

Madame la Déléguée générale du Souvenir Français,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Associations et Amicales d’Anciens

combattants, de Résistants et de Rescapés des Camps de concentration,

Monsieur le représentant du Conservatoire régional de Musique, Monsieur Xavier Jacquelin,

Monsieur le Proviseur du Lycée Édouard Herriot,

Mesdames et Messieurs les enseignants,

Mesdemoiselles, Messieurs les musiciens,

Mesdemoiselles, Messieurs les lycéens,

Je salue tout particulièrement et respectueusement les porte-drapeaux, parce que votre dévouement force l’admiration et le respect. Par tous les temps, sous la pluie ou la neige, dans le vent, sous un soleil de plomb ou dans un froid glacial, vous êtes présents, debout, au cours de cérémonies souvent longues. Vous portez parfois à plein bras le drapeau et sa hampe, un poids non négligeable. Vous supportez des discours parfois interminables ! Vous le faites bénévolement, et par conviction, pour transmettre la mémoire de tant et tant de soldats qui sont morts pour la France, qui sont morts pour que vive la France.

Je veux d’abord au début de notre rencontre, rendre hommage à nos amis qui ont disparu, qui nous ont tous marqués par leur courage, leur exemple, leurs engagements. Je pense notamment à Philippe Rivé, qui dirigeait le Mémorial de Montluc après avoir été le Directeur de l’ONAC du Rhône ; à Madame Annick Burgard, rescapée de Montluc ; au général Jean Brun, Président de la Maison du Combattant ; à Gérard Karsenty, Président des Combattants de moins de 20 ans ; à Yvette Becouse, ancienne Déléguée générale du Souvenir Français ; à Charles François, à Georges Meynier, infatigable porte-drapeau durant 52 ans décédé dans un tragique accident, sans oublier Jean-Jacques Andrieu, Pierre Garcia, Jean Ducret, Bernard Jeandet, Subero Forlini, ancien combattant italien.

Nous les portons tous dans notre cœur et dans notre mémoire. Je vous propose de nous lever pour les saluer par une minute de silence.

Mesdames et Messieurs, le drapeau que vous portez lors des commémorations, témoigne d’une histoire, parfois difficile car le sort des armes n’a pas toujours été favorable, mais il a été toujours héroïque. Chaque drapeau appelle non seulement à se souvenir, mais aussi à connaître notre passé, et à le partager avec  tous, notamment avec ceux qui, venus d’ailleurs, ont combattu avec et pour la France. On s’est fait tuer pour défendre le drapeau. Le drapeau porte une charge d’émotion forte. Chacun s’identifie à son drapeau. Voilà pourquoi nous avons voulu rassembler le 11 novembre 2018 les drapeaux de tous les peuples qui ont participé à la Première Guerre mondiale. Portés par des jeunes filles et des jeunes garçons issus des pays concernés, au rythme du très beau chant C’est mon drapeau, créé en 1916, chanté comme une ritournelle par les chœurs de la Maîtrise de l’Opéra et de plusieurs collèges de Lyon de divers arrondissements :

            « Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! C’est notre drapeau

            Qu’il est beau

            O ! O ! Oh ! Oh ! Notre fier drapeau

            O ! Oh ! Oh ! Qu’il est donc beau. »

 Ils ont montré très concrètement ce qu’est une guerre mondiale, avec l’engagement de peuples venus de toute la planète. Ils ont résumé l’héroïsme et les sacrifices inouïs consentis par ces peuples. Ces drapeaux ont profondément ému toute l’assistance. Ce fut d’autant plus émouvant que les jeunes qui portaient les drapeaux avaient le même âge que la plupart des soldats de 1914-1918.

J’ai été très frappé à cette occasion par la mobilisation des lycéens et des collégiens, de divers établissements de toutes catégories pour avoir un rôle actif. Je salue en particulier les classes de Mesdames Lissillour et Paul du lycée Édouard Herriot ici présents. Je constate du reste la mobilisation de plus en plus facile, avec le soutien de l’Éducation Nationale, de jeunes à toutes nos commémorations. Le nombre et la qualité sont présents, avec une mobilisation des enseignants. Il ne s’agit évidemment pas de s’enfermer dans le passé, dans un esprit fait de nostalgie et de regrets, mais pour, à partir d’un passé reconnu et assumé, se tourner vers l’avenir. Il s’agit de rappeler pourquoi vous, anciens combattants, vous vous êtes battus, pourquoi vos camarades ont perdu la vie ou la santé, c'est-à-dire pour notre pays, pour la République, pour ce qu’elle représente en termes de valeurs fondamentales, qui sont particulièrement vivaces dans notre région : attachement à la liberté, aux droits de l’Homme, à une certaine idée de la personne humaine, à la défense de la paix et du vivre ensemble dans une société pluraliste, refus de toute discrimination.

Liberté, Égalité, Fraternité, des mots qui sont pour chacun d’entre eux de véritables programmes, auxquels chacun peut adhérer par delà les opinions et les croyances. Ces mots traduisent ce que voulait dire Renan lorsqu’il parlait de la Nation en 1882, comme « d’un plébiscite de tous les jours ». Le vivre ensemble. La nation, ce n’est pas une race, ni une religion, ni un parti, c’est l’addition des différences, et la volonté de les surmonter. Oui, la Nation se construit chaque jour par le fait de vivre ces idéaux ensemble et sans restriction. La Ville de Lyon a restauré en 2018, trois statues qui représentent la République : la Liberté, l’Égalité, la Fraternité. Elles se trouvent dans le Parc Bazin, dans le 3° arrondissement, et je vous invite à aller les admirer. A deux pas de là, place des poilus, nous avons inauguré une nouvelle statue qui rend hommage aux femmes durant la Grande Guerre. Car nous savons que sans elles, les soldats sur le front n’auraient pas tenu.

L’année 2018 a été très riche, intense, sur le thème de la Paix. Nous avons associé le centième anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale à toute une série d’autres anniversaires en liens avec la Paix et les Droits humains :  l’abolition de l’esclavage (1848) et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948), de grandes figures de la Paix comme Nelson Mandela (né en 1918) et Martin Luther King (assassiné en 1968). En mobilisant nos institutions culturelles et universitaires, nous avons voulu renouveler l’approche mémorielle, avec une politique créative et dynamique, qui sorte du cadre immuable des cérémonies commémoratives, une politique basée sur la réflexion, l’ouverture, et la culture comme vecteur de mémoire. Pour que nos concitoyens s’emparent de leur histoire, pour réfléchir aux grands enjeux de notre temps. Car nous pensons que c’est aussi cela, le travail d’une collectivité : la transmission comme mission du service public. Il serait trop long d’énumérer tous les événements qui se sont succédé tout au long de l’année: expositions, colloques, conférences, concerts, pièces de théâtre, opéras, danse, publications de bandes dessinées, activités sportives. Nous n’avons pas oublié l’anniversaire du Veilleur de Pierre inauguré le 4 septembre 1948, qui a été rénové, ni le soixante-quinzième anniversaire du Conseil National de la Résistance et de l’arrestation et la mort de Jean Moulin. Et dans un autre domaine,  qui reste dans le champ de la paix et de la rencontre des cultures, le 20° anniversaire de l’inscription de Lyon au Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO. Le défilé de la Biennale de la danse s’est lui aussi emparé du thème de la Paix. Ce fut une nouvelle fois un moment de grande émotion.

L’année 2019 va être marquée encore sur le plan mémoriel par des étapes importantes. Dans quelques semaines, Gérard Collomb inaugurera le nouveau Mémorial des Enfants d’Izieu, place Carnot, à l’occasion du 75° anniversaire de leur déportation. Ces enfants réunissent dans leur martyre toute la folie du crime nazi. Leur enlèvement et leur déportation à Auschwitz est la quintessence de ce crime. Le 6 avril 1944, ils étaient au nombre de 44. C’était le premier jour des vacances de Pâques. Le plus jeune était âgé de 4 ans. Le plus âgé de 17 ans. Ils fuyaient depuis des années la persécution qui les poursuivait dans toute l’Europe. Izieu fut leur dernier refuge. Depuis plus d’un an, on y accueillait des enfants juifs pour les soustraire à la déportation, puis ils étaient envoyés dans d’autres cachettes. Tous connaissaient la traque, la peur, certains ne savaient plus ce qu’étaient devenus leurs parents. Mais ces enfants pouvaient penser avoir trouvé enfin une maison. Ils étaient entourés, encadrés par des adultes qui les rassuraient, qui les aimaient, qui espéraient les protéger du monde de brutes que les nazis avaient inventé et imposé à l’Europe. Le 6 avril 1944, des soldats allemands conduits par le chef de la Gestapo de Lyon, Klaus Barbie arrivèrent de bon matin. Il était 8h30. Dans les hurlements, ils attrapèrent les enfants et les adultes qui les encadraient et les frappèrent. Ils furent jetés dans des camions, Ils furent emmenés à Lyon, enfermés à Montluc. Dès le lendemain, ils furent envoyés à Auschwitz où ils furent gazés.

Nous étions en avril 1944. La guerre tournait mal pour l’Allemagne. L’Armée Rouge avançait inexorablement sur le front de l’Est ; les Alliés avaient repris l’Afrique du Nord ; ils avaient débarqué en Sicile en juillet 1943 et libéré Naples en octobre ; le débarquement en France se préparait. Alors que tous les efforts des Allemands devraient être logiquement tournés vers le combat, les nazis mobilisèrent des soldats, des camions, de l’essence, ils détournèrent des moyens nécessaires à l’effort de guerre, pour combattre. Un ennemi redoutable ? Plus redoutable que les armées soviétique et américaine ? Plus redoutable que les maquis qui s’étaient développés dans la région ? Non, pour venir capturer au fin fond du département de l’Ain, dans un village minuscule, alors d’accès difficile depuis Lyon, des enfants. Des enfants de 4, 5, 6, 10 ans !  Des enfants définis comme les ennemis du grand Reich, uniquement parce qu’ils étaient juifs.

La Ville de Lyon a voulu déplacer le Mémorial des Enfants d’Izieu qui a été vandalisé dans l’été 2017, pour l’installer en un lieu central de la vie lyonnaise, place Carnot. Un lieu à la hauteur par sa dignité, du drame indicible vécu par ces enfants. Il sera inauguré le 8 avril prochain par Gérard Collomb. Ce sera un moment fort, 75 ans après leur martyre.

Nous marquerons également les 75 ans de l’exécution des Fusillés de la place Bellecour, du massacre de Saint-Genis Laval, de la libération de Montluc, du débarquement en Provence qui permet la libération de Lyon le 3 septembre. Nous n’oublierons pas les sacrifices de nos soldats en Indochine, le 8 juin, 65 ans après la bataille de Biên Diên Phu. Nous travaillons avec l’ONAC pour rassembler les noms des victimes lyonnaises. J’espère que nous pourrons aboutir cette année. Nous travaillerons aussi sur les cent ans de la calamiteuse année 1919, l’année de traités de paix catastrophiques qui ont conduit à perdre la Paix après avoir gagné la guerre.

Hélas l’actualité nous rappelle sans cesse l’importance des commémorations, des messages qui sont délivrés, de la mobilisation de la jeunesse et de toutes les forces démocratiques. Les événements de la fin de l’année 2018 et de ce début d’année nous ont non seulement indignés, mais remplis de dégoût : l’attaque ignoble contre le monument sacré par excellence qu’est l’Arc de triomphe à Paris, les hurlements de haine contre la République et contre les institutions démocratiques, les attaques contre les policiers et les soldats, jusqu’à la destruction de véhicules de la force Sentinelle, l’antisémitisme le plus monstrueux comme le saccage d’un arbre planté en l’honneur d’Ilan Halimi torturé à mort parce qu’il était juif. Notre pays ne va pas bien, nous ne sommes toujours pas libérés du Mal. Le temps présent confirme chaque jour la justesse et l’actualité de la crainte exprimée par Primo Levi lorsqu’il disait :

« L’idée d’un nouvel Auschwitz n’est certainement pas morte, comme rien ne meurt jamais. Tout resurgit sous un jour nouveau, mais rien ne meurt jamais. »

Car l’Europe ne va pas mieux. 100 ans après la fin de la Première Guerre mondiale, des États européens se dressent les uns contre les autres, minés par un retour en force du nationalisme, qui conduit trop de nos concitoyens à oublier d’où nous venons, des grands massacres du XX° siècle, à oublier que la période de paix que nous connaissons en Europe depuis 1945, est aussi exceptionnelle que fragile.

C’est pourquoi je vous invite, Mesdames et Messieurs, en conclusion à vous lever pour entonner la Marseillaise, puis l’Hymne européen.

Je vous remercie.

MINUTE DE SILENCE
HYMNES NATIONAL ET EUROPÉEN

En Mémoire de toutes les personnalités du Monde de la Résistance et des personnalités qui ont marqué l’histoire de la ville de Lyon

LYON (RHÔNE) : HÔTEL DE VILLE (SALON D’HONNEUR) VENDREDI 15 FÉVRIER 2019,  LE PRÉSIDENT NATIONAL DE L’A.M.N.D.V.D.E.N INVITÉ PAR LE MAIRE GERARD COLLOMB.
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LIENS FRATERNEL AVEC L'U.N.C RHÔNE

A cette occasion, le Président National Roland PICAUD  de l'A.M.N.D.V.D.E.N qui était accompagné de son épouse, invitée, a eu plaisir de retrouver Jean-Louis MABRUT Président Départemental du Rhône de l’Union National des Combattants, Administrateur National, Membre de la Commission Relations Internationales, Membre de la Commission Nationale Action Sociale de l’UNC et par ailleurs Vétéran du Sahara adhérent à l’Association du Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires.

Egalement, il a eu plaisir à retrouver Charles BAUDOIN DJOUDI Vice-Président National de la Fédération Des Amputés de Guerre de France, qui est adhérent à l’AMNDVDEN, Conseiller Social de l’Association et Membre du Conseil de Surveillance.

Lors du Déjeuner, ceux-ci ont abordé de nombreux sujets et projets pour le Mémorial.

 

LYON (RHÔNE) : HÔTEL DE VILLE (SALON D’HONNEUR) VENDREDI 15 FÉVRIER 2019,  LE PRÉSIDENT NATIONAL DE L’A.M.N.D.V.D.E.N INVITÉ PAR LE MAIRE GERARD COLLOMB.
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