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MERCREDI 27 MAI 2015: L'AMNDVDEN S'EST ASSOCIÉE À L'HOMMAGE NATIONAL ENVERS 4 GRANDS DE LA RÉSISTANCE PANTHÉONISÉS

30 Mai 2015 , Rédigé par amndvden

Le mercredi 27 mai 2015, Suite à l'invitation du Préfet de Savoie Eric JALON, l’Association du Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires représentée par son Président Roland PICAUD a rendu aux côtés des autorités de Savoie l’hommage à deux femmes et deux hommes au parcours hors du commun qui rentraient ce même jour dans le Panthéon.

Cette Panthéoinisation voulue par le Président de la République, François HOLLANDE, est un bel hommage envers Geneviève ANTHONIOS DE GAULLE, Germaine TILLION, Pierre BROSOLETTE ET JEAN ZAY pour qui la patrie passait avant leur propre vie.

Citation du Président de la République François HOLLANDE : "Ces deux femmes et ces deux hommes ont en commun d’avoir fait de leur vie un destin. Et d’avoir donné à leur patrie une destinée", a fait valoir le Président.

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QUATRE PARCOURS HORS DU COMMUN À DÉCOUVRIR

Geneviève ANTHONIOS DE GAULLE

Geneviève ANTHONIOS DE GAULLE

1ER PARCOURS HORS DU COMMUN

REVUE DE PRESSE

Geneviève de Gaulle-Anthonioz : "le refus de l'inacceptable"

Le Point - Publié le 20/02/2014 à 18:16

La nièce du général de Gaulle rejoint la résistance et est déportée à Ravensbrück. À son retour, elle résiste contre un autre fléau : la misère.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz, décédée en 2002, et dont le président Hollande annoncera vendredi l'entrée au Phantéon, a toute sa vie été une résistante : à l'occupation nazie, en étant déportée à Ravensbrück, puis à la misère en prenant en charge, pendant presque quarante ans, ATD Quart-Monde. "Je ne suis pas une héroïne, disait-elle, mais je revendique le terme de résistante. Au fond, entre la Résistance et ATD, il y a un cheminement commun : le refus de l'inacceptable."

Geneviève, née en 1920, fille de Xavier de Gaulle, frère aîné du général, est étudiante en histoire lorsqu'elle rejoint le "Réseau du musée de l'Homme", un des premiers réseaux de résistance parisiens. Dénoncée et arrêtée en 1943, Geneviève est internée à Fresnes puis déportée en janvier 1944 à Ravensbrück, où elle côtoiera Germaine Tillion et Marie-Claude Vaillant-Couturier. Pendant toute son existence, elle sera marquée par cette expérience qu'elle n'évoquera dans un livre, La Traversée de la nuit, qu'à la toute fin de sa vie.

Revenue de l'enfer des camps, elle aurait pu se satisfaire de sa vie confortable de mère de famille - elle aura quatre enfants avec Bernard Anthonioz, son mari -, travaillant au Ministère de la Culture avec André Malraux. Mais, en 1958, elle fait la connaissance du père Joseph Wresinski, ancien des Jeunesses communistes et aumônier des bidonvilles, qui lui demande d'agir à ses côtés. Il vient de créer le mouvement Aide à toute détresse, qui deviendra ATD Quart-Monde.

"Ceux dont la souffrance vaut moins que la nôtre"

"Peu à peu, écrira-t-elle, ce que j'apprends des pauvres et des humiliés laboure mon expérience de la Déportation. J'ai essayé, dès mon retour, de l'enfouir au fond de moi pour vivre enfin mon bonheur de femme aimée, de jeune mère, mais tout revient à la surface." En 1964, après la mort du père Joseph, elle prend la tête de l'association. Grâce à son travail, elle sort les exclus du "camp" - c'est son mot - et les emmène à sa suite, d'antichambres en cabinets, dont les portes s'ouvrent aisément pour la nièce du général de Gaulle. Dans son "rapport Wresinski" publié en 1983, elle dresse un état des lieux accablant de la pauvreté en France.

Neuf ans plus tard, devant le Conseil économique et social, elle dessinera encore et toujours les contours de l'exclusion en dénonçant "le manque d'ambition de la société" pour l'intégration des plus pauvres. Au printemps 1996, à 76 ans, cette petite femme d'apparence fragile mais forte comme l'acier plaide, devant les députés, pour ceux "dont la souffrance vaut moins que la nôtre", en faveur d'un projet de loi sur la cohésion sociale qui sera finalement adopté, après bien des avatars, en juillet 1998. "Une aube apparaît, elle est encore bien grise", notera-t-elle à ce sujet dans son dernier livre Le Secret de l'espérance.

Et lorsqu'en 1998 Jacques Chirac lui remet les insignes de la Grand'Croix de la Légion d'honneur - elle est la première femme à recevoir cette distinction -, c'est à ses amis d'ATD Quart-Monde qu'elle dédie sa récompense.

Figure emblématique de la Résistance française, Geneviève de Gaulle-Anthonioz entrera mercredi 27 mai au Panthéon. La nièce du général de Gaulle (son père Xavier est le frère aîné de l'homme du 18 juin) y sera honorée aux côtés de trois autres résistants français.

Résistante dès juin 1940, à tout juste 20 ans, elle multiplie les actions de renseignement et d’information en intégrant le groupe du Musée de l’Homme, puis le réseau Défense de la France.

Rescapée du camp de Ravensbrück

En 1943, elle est arrêtée par la Gestapo française à la suite d’une trahison. Elle est ensuite déportée au camp de concentration de Ravensbrück en 1944, où elle se lie d’amitié avec d’autres résistantes comme Germaine Tillion. Elle ne sortira du camp qu’à sa libération par l’Armée rouge en avril 1945.

Après la guerre, Geneviève de Gaulle-Anthonioz participe à l’essor du RPF, mouvement politique fondé par son oncle. Elle se lance ensuite dans un combat contre la grande pauvreté, et fera adopter une loi relative à cette lutte en 1998. De 1964 à 1988, elle est présidente du mouvement ATD-Quart Monde.

Cercueil vide

Elle meurt en 2002 et est inhumée en Haute-Savoie. Sa dépouille ne sera pas déplacée au Panthéon, conformément à la demande de sa famille qui refuse qu’elle soit séparée de son mari. Le cercueil ne comprendra donc que de la terre provenant de son cimetière.

Germaine TILLION

Germaine TILLION

2ÈME PARCOURS HORS DU COMMUN


Germaine Tillion : une ethnologue à Ravensbrück

Le Point - Publié le 20/02/2014 à 18:28

Héroïne de la Résistance, cet ethnologue de premier plan étudia l'univers concentrationnaire, mais aussi la société coloniale et le sort des femmes en Algérie.

Germaine Tillion, qui va entrer au Panthéon, n'était pas seulement une héroïne de la Résistance, mais aussi une ethnologue de premier plan et une inlassable combattante pour le respect de la dignité humaine. L'oeil vif et la répartie prompte, l'esprit caustique et le goût des autres, cette petite femme ronde, décédée en 2008 quelques jours avant son 101e anniversaire, fut déportée pendant trois ans à Ravensbrück, en même temps que sa mère qui n'en reviendra pas.

Au camp, elle n'oublie pas son métier d'ethnologue : "Pour mieux condamner le système, je l'ai étudié comme une société de sauvages, une famille de chacals." Elle en rapportera l'un des grands livres sur l'univers concentrationnaire, Ravensbrück, mettant l'accent sur les finalités économiques du phénomène. Germaine Tillion était un des prisonniers rebelles (les "Verfügbar", littéralement "disponibles") qui, n'étant délibérément inscrits dans aucune colonne de travail, étaient corvéables à merci. Cela l'inspirera pour écrire pendant sa captivité une opérette, Le Verfügbar aux enfers, bijou d'humour noir qui sera créé en 2007 au théâtre du Châtelet à Paris.

Sous son allure tranquille, Germaine Tillion, qui se disait "patriote française mais, plus encore, patriote de la justice et de la vérité", était une "noteuse" obsessionnelle, une boulimique de la mémoire. Elle considérait que la connaissance vraie des peuples supposait toujours "un regard amical". Ainsi a-t-on dit à son propos qu'elle vécut "une manière ethnologique d'être au monde".

L'Algérie, champ d'étude et de révolte

Née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire) dans une famille d'intellectuels catholiques, elle est l'élève du sociologue Marcel Mauss, qui transmet à ses étudiants une éthique de l'enquête et une méthode de travail non dogmatique. En 1934, elle part enquêter sur le terrain dans le massif montagneux des Aurès (sud-est algérien), se déplaçant à cheval, accompagnée d'un mulet portant son matériel. Pour mener ses observations sur la population berbère chaouia, elle campe seule dans les douars les plus pauvres, loin des routes. Ethnographe mi-historienne, mi-reporter, elle y effectue quatre missions jusqu'à la guerre et ses horreurs. Elle participe à la création du Réseau du musée de l'Homme, le premier mouvement de Résistance.

Germaine Tillion travaille ensuite au CNRS et comme directrice d'études à l'École pratique des hautes études (chaire du Maghreb). En 1955, elle renoue avec l'Algérie à la demande du gouvernement Pierre Mendès-France. Elle crée les centres sociaux pour les ruraux musulmans déplacés dont elle dénonce la "clochardisation" (L'Algérie en 1957), analyse les dysfonctionnements de la société coloniale (Les Ennemis complémentaires), enquête sur la torture et les lieux de détention. En 1957, en pleine bataille d'Alger, elle réussit à obtenir pour quelques semaines l'arrêt des attentats, après une rencontre secrète avec le chef militaire de la région d'Alger Yacef Saadi. En 1975, elle sera chargée de présider la commission sur l'amélioration de la situation des femmes immigrées.

L'ethnologue a aussi écrit en 1966 Le Harem et les Cousins, un essai pionnier sur le mariage endogame des femmes au Maghreb. "À notre époque de décolonisation généralisée, l'immense monde féminin reste à bien des égards une colonie", écrit-elle, tout en récusant le terme de féministe. "Mis à part ma captivité en Allemagne, j'ai été libre tout le temps, j'ai toujours fait ce que j'ai voulu", assurait avec malice Germaine Tillion, l'une des Françaises les plus décorées, qui avait un petit faible pour cet hommage qu'elle a un jour reçu : "À Germaine Tillion, qui a affronté le mal sans se prendre pour le bien."

Pierre BROSSOLETTE

Pierre BROSSOLETTE

3ÈME PARCOURS HORS DU COMMUN

Pierre Brossolette, un rebelle au Panthéon

Le Point - Publié le 20/02/2014 à 18:49

Forte tête, il tint tête à de Gaulle, suscita l'hostilité des communistes, et préféra se suicider de peur de parler sous la torture.

"Si je suis arrêté, je veux, je dois mourir", avait-il prévenu. Le journaliste Pierre Brossolette , l'un des chefs les plus prestigieux de la Résistance, a tenu parole : trompant la vigilance de ses gardes d'un immeuble de la Gestapo à Paris, il se suicide le 22 mars 1944 en se défenestrant pour ne pas parler sous la torture. À 40 ans, ce cerveau de la lutte clandestine, dont le président François Hollande annoncera vendredi l'entrée au Panthéon, emporte alors avec lui tous les secrets du Conseil national de la Résistance (CNR) mais aussi de Londres et d'Alger.

Pendant deux jours de tortures - nu, il est frappé à coups de nerf de boeuf, de bottes, de ceinturon, de fouet aux lanières de cuir clouté et immergé dans l'eau glacée d'une baignoire jusqu'à perdre connaissance - il répète inlassablement à ses bourreaux : "Je m'appelle Paul Boutet", en référence aux faux papiers qu'il porte sur lui.

Cet homme au front barré d'une mèche blanche a toujours été une forte tête, au franc-parler frisant l'insolence. Reçu premier, à 19 ans, devant Vladimir Jankelevitch, au concours de l'École normale supérieure, il décroche quatre ans plus tard l'agrégation d'histoire après avoir expliqué à un jury médusé que son sujet ne mérite pas d'être traité en plus de sept minutes.

Prémonitoire

Né le 25 juin 1903 à Paris dans une famille laïque et républicaine, socialiste, Brossolette est un farouche opposant à tous les totalitarismes. Dès 1930, soit trois ans avant l'arrivée au pouvoir d'Hitler, il écrit de façon prémonitoire : "Ce qui se passe en Allemagne est terrible, mais si nous n'aidons pas la République de Weimar (...) nous aurons un dictateur en Allemagne et, comme tous les dictateurs, il amènera la guerre." En 1938, alors qu'il travaille au "Populaire", le journal de Léon Blum, il ne transige pas avec sa liberté d'expression et dénonce la lâcheté des accords de Munich.

Interdit d'enseigner par Vichy, il rejoint très vite la Résistance, participe à la rédaction du journal "Résistance" et entre dans la clandestinité dès début 1941. À Londres, il devient proche du colonel Passy, qui dira de lui : "Comme beaucoup d'hommes au-dessus de la normale, il provoquait dans son sillage des courants d'envie et de haine." De fait, s'il s'est rallié à de Gaulle sans réserve et a oeuvré à l'unification de la Résistance, ce "geyser d'idées", comme le qualifie Jean-Louis Crémieux-Brilhac, est un indiscipliné.

La méfiance de De Gaulle

Brossolette, nom de code "Brumaire", s'oppose à Jean Moulin qui l'éclipsera dans la postérité. Il suscite l'hostilité des communistes et une certaine méfiance chez de Gaulle, à qui il tient tête : "Mon général, il y a des moments où il faut avoir le courage de vous dire tout haut ce que les autres murmurent dans votre dos avec des mines éplorées", lui écrit-il en 1942. Quand il obtient finalement à Alger le feu vert de De Gaulle pour retourner en France, ce dernier lui lance : "Vous voulez retourner au casse-pipe ! Mais allez-y, mon vieux, allez-y !"

Pierre Brossolette va rejoindre au Panthéon quatre autres compagnons de la Libération : René Cassin, Félix Eboué, André Malraux et Jean Moulin.

Jean ZAY

Jean ZAY

4ÈME PARCOURS HORS DU COMMUN

Jean Zay

Le Point - Publié le 20/02/2014 à 18:28

Résistant, républicain et humaniste, Jean Zay, ancien ministre du Front populaire assassiné par la milice et dont le président annoncera vendredi la panthéonisation, est une victime emblématique de Vichy. D'origine juive par son père, ce qui lui vaut la vindicte de l'extrême droite antisémite, ce laïc se lance en politique aux côtés de la gauche radicale, après avoir été journaliste et avocat. Initiateur de la démocratisation de l'enseignement et de la culture, ce jeune visionnaire inspirera nombre de réformistes. "J'ai tenté, disait-il, de répondre au désir qui veut que les enfants apprennent peut-être moins, mais à coup sûr mieux."

Démissionnaire, dès le 1er septembre 1939, de ses fonctions de député et de ministre de l'Éducation et des Beaux-Arts pour rejoindre son poste aux armées, il entend poursuivre la guerre en Afrique du Nord. Après l'appel de Charles De Gaulle , 26 autres parlementaires, comme les anciens ministres Pierre Mendès France et Georges Mandel, se sont embarqués avec lui pour Casablanca à bord du Massilia.

"Je n'ai aucune peur"

Arrêté à Rabat, le 16 août 1940, et renvoyé en métropole, cet homme de convictions est dans l'oeil du cyclone de Vichy. Le ministre de l'Information, Philippe Henriot, réclame la condamnation à mort du "Juif Jean Zay". Le tribunal militaire le condamne pour "désertion" à la déportation perpétuelle et à la dégradation militaire, après une parodie de procès. Il croupit près de quatre ans en prison à Marseille puis à Riom (Puy-de-Dôme), continuant à travailler sur les réformes qui lui tiennent à coeur, confiant dans la résurrection de la France. "Je n'ai jamais été si sûr de mon destin et de ma route. J'ai le coeur et la conscience tranquilles. Je n'ai aucune peur", écrit-il dans sa dernière lettre, le 19 juin 1944.

Le 20 juin au soir, deux semaines après le débarquement allié, Jean Zay est tiré de sa cellule et abattu par des miliciens dans une carrière abandonnée de l'Allier, le "Puits du diable", six semaines avant son 40e anniversaire. Son corps est précipité dans un gouffre. Découvert par des chasseurs sous un tas de pierres en 1946, il est enterré dans une fosse commune du cimetière voisin de Cusset, mais n'est identifié qu'en 1948, après l'arrestation d'un des assassins. Ce dernier rapporte que Jean Zay est mort en s'écriant "Vive la France".

En août 1945, la cour d'appel de Riom annule le jugement prononcé contre Jean Zay, qui peut alors être réhabilité à titre posthume.

Laïcité

Plus jeune député de France à 27 ans, ministre de Léon Blum à 31 ans, Jean Zay est né à Orléans le 6 août 1904 d'une mère protestante, institutrice, et d'un père d'origine alsacienne, rédacteur en chef duProgrès du Loiret où il a débuté lui-même comme journaliste. On doit à cet homme politique fécond, franc-maçon, la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans, l'éducation physique à l'école (avec Léo Lagrange, secrétaire d'État aux Sports), l'interdiction du port d'insignes politiques et religieux dans les établissements scolaires.

Père fondateur du Festival de Cannes (qui aurait dû être inauguré en septembre 1939), il démocratise aussi les musées et invente les premiers bibliobus. Il a également l'idée du Palais de la découverte, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l'ENA pour un accès plus large à la haute fonction publique. Voué par Vichy à l'oubli éternel, Jean Zay va désormais figurer dans le temple républicain de la mémoire collective.

ENTREZ ICI, HÉROS DE LA FRANCE LIBRE

 « Aux grands hommes la patrie reconnaissante » : c’est la devise inscrite au fronton du Panthéon, depuis la Révolution française, et de nouveau depuis les funérailles de Victor Hugo.
 « Aux grands hommes la patrie reconnaissante » : c’est la devise inscrite au fronton du Panthéon, depuis la Révolution française, et de nouveau depuis les funérailles de Victor Hugo.

« Aux grands hommes la patrie reconnaissante » : c’est la devise inscrite au fronton du Panthéon, depuis la Révolution française, et de nouveau depuis les funérailles de Victor Hugo.

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